Un conflit à un moment innoportun.

La chaîne YouTube MecMatch nous informe que l’ensemble des joueurs de NL ont reçu un courrier de la NL les informant que les clubs avaient l’intention d’augmenter le nombre de licences étrangères à 10, de revoir les contrats existants et enfin de la mise en place d’un système de cap salarial. [24heures dément qu’un courrier a été envoyé à l’ensemble de joueurs, toutefois l’article parle des mêmes modifications et de la préoccupation des joueurs]

A titre de préambule, il est nécessaire de rappeler que les clubs de la ligue ont décidé de quitter la Fédération (SIHF) et qu’à partir de 2021 le championnat sera organisé par la société Nationale League AG qui a été constituée durant l’été. Le président du Conseil Administration est Matthias Berner, ancien membre du Conseil d’Administration de la SIHF et Dir. of Hockey Operations selon Eliteprospect de Kloten entre 2013 (perte de la finale) à 2018 (relégation). Un CV pas vraiment flatteur.

Les clubs ont quitté la Fédération afin d’avoir plus de liberté quand au fonctionnement du championnat, tel que le nombre de licences étrangères, la mise en place d’un plafonnement des salaires ou la fermeture de la ligue. Une autre motivation (la principale ?) est la répartition des droits TV dont les clubs estimaient qu’ils recevaient une trop petite part du gâteau.

Je constate une gestion désastreuse de la part de cette fédération depuis de nombreuses années. Toutefois, la scission alors que l’ensemble de la communauté subie des moments difficiles avec la situation du CoVid démontre un manque de solidarité envers la SL, mais surtout envers les amateurs et la formation.

La limitation actuelle de 4 licences étrangères est illégale pour les ressortissants européens. La NL est une des rares ligues d’Europe à ne pas appliquer les règles suite à l’arrêt Bosman. Cette limitation a engendré que la valeur des joueurs suisses est d’environ 30% supérieur à leur valeur sur le marché international. Les joueurs suisses pouvant prétendre jouer en NHL peuvent gagner plus d’argent en évoluant en Suisse plutôt qu’en NHL (par exemple: Pius Suter gagnera moins d’argent à Chicago que Hofmann à Zug). Je précise que cette situation n’est pas une volonté des joueurs mais d’un système mis en place qui semble être particulièrement apprécié par les supporters.

Les joueurs étrangers ayant une licence suisse grâce à la formation effectuée dans un club suisse perdront leur licence suisse et deviendront des joueurs étrangers. Je peux imaginer que certains de ces joueurs travaillant en Suisse depuis de nombreuses années sont titulaires d’un permis C. Une nouvelle discrimination qui va encore plus loin que celle de ressortissants européens n’ayant jamais travaillé en Suisse. Cette catégorie de joueurs auront intérêt à faire appel à la justice civile afin de faire valoir leurs droits afin d’empêcher les clubs de mettre en place un nouveau système discriminatoire à l’embauche illégal. Même l’UDC ne va pas aussi loin dans sa dernière initiative. Ahurrissant !

Il m’est difficile d’imaginer ce que contient la lettre en terme de modification des contrats dans la mesure où ces contrats sont actuellement signés entre le club et le joueur sans que la ligue soit partie prenante. Dans tous les cas, ce courrier intervient à un moment particulièrement inopportun dans le sens que les clubs prévoient des pertes dues à la limitation des spectateurs et qu’ils doivent négocier avec les joueurs les contrats de la saison qui va débuter dans quelques semaines.

Le dernier sujet est le plafonnement salarial inspiré par les championnats nord-américains. Le modèle américain est profondément différent avec des propriétaires de clubs cherchant à rentabiliser leur investissement alors que nous savons qu’en Suisse la grande majorité des clubs subissent des pertes couvertes soit pas les propriétaires, des mécènes, voir des collectivité privés ou publiques. Il m’est donc difficile d’estimer qu’un plafonnement dans un modèle américain puisse fonctionner avec une telle différence dans le mode de financement.

De plus, il est utopique de parler de fair-play financier avec une totale opacité des salaires et des comptes. Une transparence financière doit être appliquée aux joueurs mais également aux staffs techniques et à la direction. Enfin, les clubs devront faire preuve de transparance avec leurs comptes annuels afin que tous les interlocuteurs puissent connaitre les revenus engendrés par les clubs.

Alors que certains clubs sont dans une position économique précaire, ils ont choisi une attitude particulièrement agressive. La limitation à 10 licences étrangère peut envoyer 72 joueurs au chômage et va engendrer une chute drastique des revenus pour les joueurs suisses d’environ 30%. A ma connaissance, nous n’avons jamais connu en Suisse une situation dans le sport avec un conflit d’une telle ampleur. Ce n’est absolument pas dans les traditions suisses, mais un lock-out ne me semble pas exclu vu le comportement des clubs. Je souhaite beaucoup de courage à celui qui va négocier le contrat des prochains droits TV avec une telle tension. A la surprise générale, le grand vainqueur de ce conflit absurde peut bien être la Fédération avec une SL compétitive, respectueuse des traditions Suisse et attractive pour un certain public et pourquoi pas des médias télévisuels ?

A suivre…

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