Quelles conséquences auraient une augmentation des licences de joueurs étrangers ?

L’article de la NZZ du 3 septembre de Nicola Berger nous apprend que durant l’été la ligue a refusé une augmentation des licences étrangères.

Entretemps, Genoni a quitté Bern pour signer à Zug pour CHF 800k et Stephan a signé à Lausanne pour CHF 650k pour la saison 2019. Je ne reviendrai pas sur la nécessité d’avoir des dates de mercato afin d’éviter ces signatures, une année en avance, alors que le championnat n’a pas encore débuté.

Depuis, Marc Lüthi a changé d’avis et il est favorable à une augmentation des licences étrangères. La NZZ précise qu’aujourd’hui Bern, Davos, Lausanne et Genève sont favorables à une augmentation à 6 étrangers voir, à 8 pour certains.

Avec le système actuel, nous constatons des aberrations au niveau des salaires des joueurs suisses. Depuis plusieurs saisons, ils gagnent un montant supérieur aux meilleurs étrangers de la ligue. Aujourd’hui, certains obtiennent même des rémunérations supérieures à celles qu’ils obtiendraient en NHL. Par exemple, Loeffel a signé pour cette saison un contrat de CHF 750k avec Lugano, alors que Weber, qui est un défenseur avec des aptitudes comparables, voir même supérieures, gagne quand à lui, USD 650k (CHF 633k) au Nashville Predators, l’une des meilleures franchises de NHL. Je peux citer les salaires d’autres défenseurs, tels que Furrer à Fribourg et Grossmann à Lausanne, qui touchent chacun CHF 600k. Une augmentation des licences engendrerait automatiquement une diminution de ces salaires, car les clubs auraient la possibilité d’engager des joueurs étrangers plus compétents à moindre coût.

Un des arguments mis en avant afin de limiter le nombre de joueurs étrangers est les performances de l’équipe nationale. L’équipe nationale de football n’a jamais eu d’aussi bons résultats, que depuis la libération des licences étrangères avec l’arrêt Bossman. Evidemment, il ne s’agit pas de l’unique explication des excellents résultats de l’équipe suisse, mais cette libération a permis aux joueurs nationaux de se confronter à de meilleurs joueurs, de se developper et d’atteindre un niveau supérieur. Thomas Roost dans son article du 4 septembre, précise que le championnat allemand de hockey a totalement libéré les licences étrangères sans que cela n’ait eu un impact négatif sur les performances de l’équipe nationale, bien au contraire, ils ont atteint la finale des Jeux Olympiques de 2018.

Le championnat de hockey, comme l’ensemble des championnats européens de sport collectif, fonctionne sans limitation des sommes dépensées pour les salaires du contingent. Aujourd’hui des spécialistes et certains supporters espèrent que le hockey suisse mette en place un système de plafond (modèle NHL). Brièvement, ce système limite les dépenses allouées aux salaires des joueurs du contingent et réparti les revenus de la ligue nationale, afin que toutes les équipes aient un budget comparable. Ce système rendrait le championnat suisse particulièrement intéressant et redonnerait à la compétition, une des valeurs essentielles au sport : « Que le meilleur gagne ! ». Il supprimerait l’énorme écart existant entre les clubs de Bern, Zurich et Lugano et ceux d’Ambri, Langnau, etc. Je serais enchanté de voir ce système se mettre en place, toutefois, je doute que les suisses soient prêts à l’adopter dans un futur proche. Avant de parvenir à cet idéal, la ligue doit évoluer vers un championnat plus professionnel. Certaines étapes peuvent être appliquées en amont, telles que :

  • Augmentation des joueurs étrangers
  • Fermeture de la ligue
  • Transparence des finances des clubs, des salaires des joueurs et des directeurs techniques
  • Répartition différente des revenus de la ligue (en particulier les revenus TV)
  • Fixation de dates pour le mercato

L’augmentation des joueurs étrangers ne supprimerait pas l’écart entre les clubs du top4 et ceux du bottom4. Toutefois, elle atténuerait son importance. Les clubs du bottom4 qui ne peuvent pas engager les meilleurs joueurs suisses pourraient engager des étrangers ayant de meilleures compétences que les joueurs suisses. Leurs contingents en serait grandement améliorés, alors que pour les clubs du top4 l’amélioration serait moins forte. J’avoue ne pas comprendre pourquoi des clubs tels qu’Ambri, Langnau, mais également Fribourg et Bienne refusent cette augmentation qui devraient leur permettre d’avoir une équipe plus compétitive et plus proche des équipes du top4.

Lors d’un symposium organisé au mois d’août par la Fédération, la formation a été abordée, alors que les sujets importants, date de mercato, nombre de licences et fermeture de la ligue, ont été ignorés. Aujourd’hui, une équipe de juniors élite ne peut pas mettre plus de 2 joueurs étrangers sur la glace, de plus, un mineur qui jouerait en NL perdrait le droit à la licence suisse. Ces réglementations vont à l’encontre du beau discours sur la volonté de faire venir les meilleurs juniors en Suisse. Pour ma part, je propose une augmentation des licences des joueurs étrangers de moins de 23 ans, pour rappel, le championnat suisse a eu la chance d’avoir Matthews durant une année. Grâce à l’application de cette proposition, le championnat suisse deviendrait une destination attractive pour les jeunes joueurs nord-américains désireux d’évoluer dans un championnat de qualité. Ces joueurs viendraient en priorité pour acquérir de l’expérience et non pour des rémunérations importantes. La ligue pourrait même plafonner les salaires de ces joueurs. Ainsi, les spectateurs auraient la chance de voir jouer de futurs « stars », le niveau du hockey augmenterait pour le plaisir du public et les performances des joueurs suisses s’améliorraient

L’augmentation des licences étrangères ne résoudrait pas tous les problèmes et ne devrait pas être comparée à une mise en place d’un plafond salarial. Il s’agirait d’une étape vers un championnat plus équitable, ce qui lui permettrait d’évoluer de facçon positive. Une protection excessive des joueurs suisses ne les aide pas à progresser, bien au contraire. Cependant, il resterait à déterminer le nombre des joueurs étrangers, une des possibilités pourrait être 4 + 2 joueurs de moins de 23 ans ou, afin d’avoir un plus grand impact 6 + 2 de moins de 23 ans.

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